ISLANDE À VÉLO : LA LANGUE ISLANDAISE

L’islandais, comme le danois, le norvégien et le suédois, vient du norrois, la langue des Vikings, mais à la différence des autres langues scandinaves, l’islandais a fort peu évolué depuis le XIIIe siècle, et les Islandais peuvent lire en version originale les sagas de leurs ancêtres ! Bref, l’islandais pour un Norvégien ou un Danois, c’est un peu comme le latin pour un Français. Ce conservatisme linguistique, dû à l’insularité, fut encouragé au XIXe siècle pour résister à la « danisation » du pays, et aujourd’hui encore les Islandais continuent à protéger jalousement la pureté de leur langue. Ainsi, tous les nouveaux mots sont islandisés.

L’avion se dit « machine volante », le téléphone est devenu « le fil » (simi, une abréviation de talsimi, « le fil qui parle ») et l’ordinateur est une « sorcière qui compte » (tölva, mot-valise composé de völva, « oracle », et de tal, « compter »). Cette politique active d’Islandisation frise le nationalisme exacerbé et n’est pas évidente à suivre en pleine mondialisation. Certains mots, créés de toutes pièces parce que correspondant à des réalités absentes du sol islandais, n’ont pas eu de succès auprès des Islandais.

On a inventé par exemple bjügaldin, littéralement « fruit courbe », pour « banane » mais banani s’est imposé de lui-même… Parfois, on imagine des mots à rallonge qui ne servent pas souvent… Ainsi, pour « métro », une savante commission d’experts a préconisé nedanjar darlest, « le train qui va sous terre », mais c’est bien long pour un mot qui sert rarement en Islande… On se contente donc de jörðlest (« terre-train »).

L’islandais est plutôt une langue poétique mais qui, bizarrement, perd tout charme quand on se penche un peu sur sa grammaire, très complexe ! Dans cette langue , tout se décline, y compris les prénoms ! Autre détail utile pour identifier les mots : l’article défini en islandais est postposé, c’est-à-dire accolé à la fin du mot.

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