ISLANDE A VELO 2014 : LES FJORDS DE L’EST

Vendredi 27 juin 2014

Je suis dans les fjords de l’Est ! Après 10 jours en longeant la côte sud, et malgré la météo aléatoire et une seule petite journée ensoleillée, je me sens de mieux en mieux, et surtout très heureux d’être ici. C’est une étrange impression d’être à la maison, qui petit à petit m’envahit. La nature omniprésente, les grands espaces, c’est peut-être ce que j’ai toujours voulu ! Des questions vont se poser à moi à mon retour…

Je lève le camp à 11h. L’endroit me plait et je traine un peu ce matin. Après un long petit déjeuner, c’est bien tranquillement que je plie la tente pour partir direction Djúpivogur, première étape de mon entrée dans les fjords où j’arrive à 12h environ. Il ne me faut donc qu’une petite heure pour parcourir les 15 km qui m’en séparent. J’ai des jambes de feu !

Le petit port de Djúpivogur, à l’extrémité sud du Fjord, s’ouvre sur une vue extraordinaire sur les montagnes, avec au premier plan, les bateaux de pêches multicolores. Comme j’ai envie de profiter de l’instant. Je m’installe en terrasse de restaurant, sur le port, pour y déguster une savoureuse soupe traditionnelle à l’agneau, un plat riche et complet, et surtout chaud… Je ne pense pas qu’il fasse plus de 10° en terrasse. C’est pourtant la ville d’Islande qui détient le record de la température la plus haute jamais enregistré…30,5°… en 1932 !!

C’est revigoré par ce bon déjeuner que je remonte en selle vers 13h30 pour débuter mon premier tour de fjord, au rythme tranquille du vélo, durant 40 km. Le temps est sec, même si je n’entrevois jamais le soleil, et il y a peu de vent. C’est donc un temps agréable pour pédaler. Tout le long du fjord, les montagnes sont à flanc de route. Route que j’aperçois parfaitement également, sur l’autre rive aux sommets enneigés qui se succèdent. Je suis, comme chaque jour maintenant, émerveillé par ce que je vois et je fais de nombreux arrêts photos.

A la fin de ce tour de fjord, j’ai une vue imprenable sur Djúpivogur, à quelques kilomètres à vol d’oiseaux seulement, que j’ai pourtant quitté il y a plus de 3h !

Après un court arrêt, je repars pour seulement quelques kilomètres. Je tombe en admiration sur un lieu qui me parait superbe pour y passer la nuit. Il est 18h. J’ai parcouru 60 km depuis mon départ ce matin et je choisi à nouveau de bivouaquer en bordure d’océan…


Samedi 28 juin 2014

Encore une belle journée islandaise ! 10° environ, ciel couvert la plupart du temps mais pas de pluie, hormis quelques gouttes de temps à autre. Et comme depuis quelques jours, pas ou peu de vent.

Vers 11h, une heure environ après mon départ, deux possibilités s’offrent à moi. La première, prendre à gauche et suivre la route n°1 pour couper à travers le col. La seconde, longer la côte en passant la rive gauche du Fjord Fáskrúðsfjörður, couper la montagne par un tunnel de 6km pour rallier Reyðarfjörður, puis le jour suivant Egilsstaðir, capitale de l’Est.

La première option est un raccourci d’environ 50 km pour arriver à Egilsstaðir, mais je quitte définitivement les fjords.  L’arrêt devant l’intersection entre les deux directions, et les panneaux d’indications, font rapidement pencher la balance. Le passage par le col prévoit des côtes jusqu’à 18% sur 25 km de route non goudronnée, même si c’est bien la route n°1 ! D’ici, je vois la route se perdre dans les nuages. De plus, malgré l’altitude maximum de 800 à 1000 m, le panneau d’information numérique (très nombreux en Islande aux bords des routes) m’indique une température de 3° en altitude…

Objectivement, je ne me sens pas capable d’affronter cette difficulté car même si, la haut, cela doit être magnifique, ce serait pour moi une montée à pied sur les ¾ durant plusieurs heures… Et il fait tout de même très frais ! Ce serait long, trop long!

Je décide donc de faire le détour de 45 kilomètres,  jusqu’au village de Fáskrúðsfjörður, en longeant le fjord du même nom. Au passage je quitte la route n°1 pour emprunter la route 96, qui borde l’océan et les fjords. Tout au long, c’est toujours le même spectacle, les montagnes sont à mes pieds et c’est magnifique !

J’arrive à l’intersection vers le tunnel coupant le col à 18h. Par curiosité, je choisi d’aller jusqu’à Fáskrúðsfjörður, environ 1 km plus loin car j’ai lu dans le routard que c’était un village qui avait accueilli de nombreux marins français du XIXème siècle jusqu’à 1914.

Dès l’entrée dans le village, je remarque qu’ici, toutes les rues ont un nom Français et Islandais, je passe devant la rue du port… étonnant ! Ici, partout des petits drapeaux français flottent !

Après une excursion à vélo dans le village, je reprends la direction du tunnel, que j’atteins par une brève ascension de 2 km environ, vers 19h30. Il y a 6 km de traversée à double-sens par une petite route peu large, sans piste cyclable ni bordure bien délimitée. J’avoue ne pas être très rassuré ! Je vais donc y aller à fond, pour le passer rapidement, d’autant plus que l’air n’y est pas très sain ! Ce sera fait en quinze minutes environ…

A la sortie, de l’autre côté du col, c’est une tout autre ambiance météo qui m’attend ! Il pleut et il fait beaucoup plus froid que durant toute la journée, sans aucun doute moins de 5° ! je mets donc ma tenue de pluie rapidement, et j’entame une descente rapide d’environ un kilomètre pour me retrouver au fond du fjord Reyðarfjörður, le plus long de l’est de l’Islande, avec ses 30 kilomètres de profondeur.

En bas, au bord de ce dernier, je ne suis qu’à quelques kilomètres de la petite ville du même nom et de son camping mais je préfère m’arrêter au bord du fjord, à quelques centaines de mètres de la route. Il est environ 20h lorsque je plante la tente, bien décidé à profiter de la vue et d’une nouvelle nuit de bivouac, que j’apprécie de plus en plus…

Aujourd’hui j’ai pédalé durant près de 7h30 et parcouru 93 km…


Dimanche 29 juin 2014

Toute la nuit la pluie a été incessante, et j’ai très peu dormi. Très tôt ce matin, je comprends que cela ne vas pas être facile aujourd’hui. Malgré cela, je décolle à 09h30, bien décidé à avancer. Aujourd’hui, je dois affronter l’une des plus grosses difficultés de mon voyage à vélo, le passage par un col puis la traversée d’une vallée d’altitude pour rejoindre Egilsstaðir, de l’autre côté, la plus grande ville de l’Est avec ses 2300 habitants environ…

Je débute l’ascension de la route 92 sous la pluie. Rapidement elle laisse place à un brouillard épais. En fait que je suis tout simplement dans les nuages ! Le départ est raide. Tout en grimpant à 5km/h, j’observe rapidement que par endroit, la neige est encore présente. Régulièrement, je suis obligé de descendre du vélo pour marcher un peu, puis quelques centaines de mètres plus loin, je remonte en selle. Il Fait froid, autour de 1°, alors que je ne suis qu’à 500 m d’altitude environ.

J’enchaine des larges lacets , tout en espérant à chaque fois, que cela ne grimpera plus après, parfois sur le vélo, parfois en le poussant, pendant 2h environ. J’ai pour vêtements deux polaires l’une sur l’autre, la veste de pluie, les gants, le bonnet… nous sommes pourtant le 29 juin….

L’ascension terminé, je débute la traversée d’une vallée, anciennement glaciaire, pendant une vingtaine de kilomètres. Ici, l’hiver doit être rude. Partout au bord de la route, des blocs de glace et les nombreuses traces de neige témoignent qu’il est terminé depuis peu… Cette voie était d’ailleurs encore fermée à la circulation début juin !

Soudainement, j’aperçois quelques rennes, à flanc de rochers, à quelques centaines de mètres de moi… J’essaie de m’arrêter doucement et de sortir l’appareil photo, mais ils m’échappent… ils m’avaient repéré. Je n’en avais jamais vu et je n’ai pas réussi à prendre une photo ! J’enrage!

Plus j’avance, plus les rochers abruptes laissent place à une vallée verdoyante, et même un peu arborée par endroit. Depuis mon départ ce matin, je ne sais pas si j’ai croisé 5 voitures lorsque j’arrive sur la descente vers Egilsstaðir, que je dévale à 35 km/h, sur 3 km, les mains scotchés sur le guidon, le bonnet enfoncé jusqu’aux oreilles. Je suis glacé lorsque j’arrive aux abords de la ville. Tout de suite, la température remonte à 11°…

A l’entrée, la station-service N1 (une grande enseigne d’Islande, multi-services !), et surtout son restaurant m’attire irrémédiablement. J’y commande un savoureux et énorme Hamburger frites coca… Pas très gastronomie locale mais comme je trouve cela bon après plusieurs jours de pâtes lyophilisées !! Après ce repas salvateur, je me dirige vers le Netto pour un ravitaillement devenu nécessaire car mes stocks s’épuisent, puis vers le camping où je m’installe vers 16h30.

Aujourd’hui, en partant à 9h30, Je n’ai parcouru que 39km…


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